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17 Juillet 1995.
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« Si seulement la Lumière était plus forte que son Ombre. »
OOLe soleil, la plage, le sable et la mer. Deux bambins courraient dans l'eau, ils s'amusaient sous l'½il attendri de leurs parents couchés sur la plage. Ils les regardaient, les admiraient même. Leurs petits jumeaux avaient l'air tellement heureux. Ils en étaient fiers, ils étaient les fruits de leur amour après tout. Et pendant que ces deux adultes encore jeunes malgré tout s'émerveillaient une nouvelle fois, les merveilles en question continuaient de se chamailler. Ils étaient identiques à quelques détails près ; de sacrés détails même. Alors que l'un d'eux se calma, observant et détaillant son double, ce dernier vida son seau rempli d'eau de mer sur sa petite tête blonde. Il poussa alors un long juron en sentant cette eau salée couler tout le long de son frêle torse, avant de ré-atterrir à son endroit d'origine.
- Bah alors Tomi, tu dormais pas ?
- Non Bill, je dormais pas.OOLe dénommé Bill lâcha son seau à présent vide dans la mer et s'approcha de son frère en s'excusant doucement. Il était pourtant certain que son Tomi s'était endormi debout ! Il ne comprenait plus, il s'en voulait de l'avoir énervé comme ça. Pourtant, son Tomi semblait déjà ne plus lui en vouloir. Et comme pour confirmer ses pensées, il s'approcha de son petit frère – de dix minutes quand même –, et le prit dans ses bras, lui murmurant des paroles réconfortantes. De là où ils se trouvaient, les amants ne comprenaient pas bien ce qui se passait entre leurs deux fils. Mais ils étaient « grands » maintenant, ils pouvaient régler leurs différends tout seuls. Et puis de toute façon, ces deux là n'avaient jamais accepté qu'une quelconque personne s'immisce entre eux, et ça n'était certainement pas aujourd'hui qu'ils allaient laisser faire. Cela faisait à présent un peu plus de cinq minutes que Tomi n'avait pas lâché son double. Il embrassa maladroitement la joue gauche de son frère, et cette attention fit sourire ce dernier. Il se mit à frissonner, et le grand resserra son étreinte – si cela était encore possible. De longues minutes plus tard, les jumeaux se séparèrent doucement, un sourire ahuri collé sur chacun de leurs visages presque identiques. Cependant ils tremblaient, ils avaient encore attrapé froid. Seulement, l'un comme l'autre s'en moquait, ils profitaient de ce moment agréable, de ce moment « d'intimité ». Tomi se recula encore un peu, comme pour mieux admirer son frère. Celui-ci se dit alors qu'il ne tremblait peut-être pas seulement à cause du froid qui l'avait enveloppé.
- T'es trop beau P'tit frère.
- Et toi encore plus Tomi.
- Mais on est pareils...
- Non, toi t'es plus beau !OOCe moment pourtant magnifique fut vite interrompu par Lara, leur maman. Cette dernière avait rapidement remarqué les tremblements de ses fils, et venait de décider dans la seconde qu'ils rentreraient sans plus attendre à la maison. Elle attrapa une main de chaque et commença à avancer précipitamment vers la plage ; elle voulait juste éviter à ses fils d'attraper un peu plus mal. Mais c'était sans compter sur l'entêtement de son fils aîné, qui lui avait décidé qu'il resterait encore un peu dans l'eau. De grosses larmes sur mirent à couler sur ses joues, elle ne comprenait pas ; certainement la fatigue se dit-elle. Le petit blond se débattit alors, essayant d'arracher sa main de l'emprise de la sienne. Il ne voulait pas rentrer à la maison. Mais elle était bien plus forte que lui, ainsi elle l'attrapa brusquement par la taille, pendant que lui se mettait à hurler en se débattant plus fortement. Un bien vilain caprice se dit-elle. Elle fit signe au plus jeune de rejoindre son père sans broncher. Puis elle entendit ce cri, celui dont ils se souviendraient à jamais. Tomi avait levé les yeux vers le soleil, vers cette lumière destructrice et à la fois fascinante. Son regard était resté accroché à elle, imperceptiblement, alors que sa mère continuait de lui crier dessus en le tirant vers la plage. Puis, sans aucun signe avant coureur, il avait ressenti cette douleur, cette brûlure le bouffer au plus profond de son être, lui bouffer les entrailles, puis plus rien.
Le noir complet.